C'était une nuit au commencement des plus naturels, le ciel avait connu des dégradés mauves plus enclin que ce soir là. Il faisait bon trop pour un mois de février.
Nous étions là, l'un à cotés de l'autre, main dans la main, allongé à regarder le ciel dont le soleil quittait la toile, doucement...
Nous n'avions besoin de rien, nous ne parlons pas. A vrai dire, nous nous contentions d'etre et d'observer, comme tout autre humain l'aurait fait à notre place.
Tu étais là, tellement beau, et moi, je ne te regardais pas, bien trop habitué à ne pas te voir heureux, au point où j'en étais, je ne réagissais pas.
Il y avait autour de nous cette poussière d'étoile, celle qui entoure les amoureux, celle qui est là pour protéger ceux qui s'aiment, d'une aura puissante et tellement agréable.... Tu tendis une main vers moi, caressa du bout des doigts ma joue. Je ne réagis pas.
Tu avais continué, l'air de rien, je sentais ton regard sur moi, ton sourire étirer tes lèvres, tandis que les miennes, trop sèche pour s'étirer en un sourire artificiel, restaient ainsi, neutre et fermer.
Tu finis par glisser quelques doigts entre deux mèches de cheveux, toujours aussi fine, toujours aussi courte, toujours aussi rouge...
Un nouveau sourire prit possession de ces deux morceaux de sucre, rose.
Je ne bougeai pas, c'était à peine si je respirais.
Tu as finis par essuyer l'une des perles qui coulaient le long de ma joue, accompagnée d'une autre rangée, étouffant mes plaintes d'un baiser sur le front.
Tu finis par te mettre sur le coude, te tournant légèrement vers moi. Le vent glacial bougeait mes cheveux si court, je ne te regardais toujours pas.
Alors, tu déposa cette sensation douce et chaude au creux de ma nuque, suivit mes épaules, et embrassait tout les os qui ressortaient, comme s'ils étaient les plus beaux.
Tu me disais que je n'étais pas maigre, juste moi.
Tu me disais que tu me trouvais belle, et bien plus intéressante que toutes les autres, et tout être sur terre.
Tu caressa de nouveau ma joue du bout des doigts, et me dit combien tu m'aimais, avant de te lever.
Et de me souhaiter une bonne nuit, partant de ce pas léger, comme une chimère l'aurait fait.
Moi j'étais ainsi, gisant sur le sol, laissant les larmes couler, se mêlant au sang... Tu avais emporté mon coeur, mes poumons et autres organes me permettant de vivre.
Je n'étais plus qu'un corps désarticulé, qui restait ainsi, en suspens....
Je me regardais de haut, observant mes yeux figé dans l'éternité, mon corps, mutilé.
Je finis par lever les yeux aux cieux, me demandant si je ne faisais pas mieux de descendre...
Je ne fis rien, refusa ce destin, et tissa de nouveau organe, les mettant à la place des anciens....
Mon corps repartit.
Je me relevai de nouveau, ne tourna le regard vers la direction que tu avais pris, pour tomber dans les bras d'un autre, et d'un autre, et d'un autre, jusqu'a ce que je rencontre celui, qui ne voulais me briser, mais me garder pour la vie.